Propositions à l’approche de la conférence à Rome « Re-penser l’Europe »

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Membres d’Initiative chrétienne pour l’Europe (IXE),un groupe de travail composé de laïcs chrétiens  appartenant à divers pays d’Europe de l’est et de l’ouest, nous nous réjouissons de la tenue prochaine à Rome d’une conférence “Re-penser l’Europe” à l’invitation du Pape François et de la COMECE les 26, 27 et 28 octobre.

Alors que l’Union européenne est entrée manifestement dans une nouvelle phase de son évolution, nous espérons que la rencontre de Rome deviendra le début d’un processus donnant lieu à un dialogue permanent qui donnerait la possibilité, au-delà de la politique au jour le jour, de penser ensemble comment l’Europe pourrait donner un sens commun à notre avenir.

A partir de notre dernière rencontre qui se tenait à Riga, au cours de laquelle nous avons pu échanger et prier ensemble, nous soulignons quelques aspects de ce que pourrait  être aujourd’hui une contribution chrétienne à un futur  projet européen. 

Nous sommes témoins de la profondeur et de la gravité des tensions centrifuges qui s’exercent en Europe, reflétées notamment par la quête d’indépendance en Catalogne, la décision du Brexit, l’insatisfaction croissante et les préférences nationalistes mises en évidences par les dernières élections dans nos pays respectifs. Même si ces tensions revêtent des formes diverses, elles procèdent de causes communes qui sont autant de défis pour l’unité entre les Européens : une perte de confiance dans la manière dont sont conduits les politiques, un grave sentiment d’injustice, une réponse intravertie aux menaces ressenties de la mondialisation. C’est notre responsabilité de chrétiens de comprendre cette protestation générale et de tenter d’identifier des réponses adéquates, ancrées dans le premier et le plus grand des commandements, inspirées de la doctrine sociale catholique. Mais en même temps nous attitrons l’attention sur de nombreuses initiatives citoyennes qui ici et là dans nos pays visent à construire des ponts et à éveiller l’espoir. L’encouragement et le soutien des Evêques contribueraient grandement à les renforcer.  

Nombre de responsables politiques dans nos pays se servent de l’Union européenne pour accroître leur popularité en l’accusant de tous les maux. De tes comportements irresponsables nourrissent les tendances nationalistes en Europe et détournent l’attention des vrais problèmes et de leurs solutions. Pour autant, les institutions européennes, en ce compris les Etats membres, ont ensemble le devoir de clarifier aux yeux des citoyens qui est responsable de quoi, pour que les politiques européennes soient effectivement assumées alors qu’elles sont souvent matière à confusion et incompréhension

L’immense défi que constitue l’émergence d’une approche européenne commune sur les questions migratoires comme sur les tendances nouvelles de l’afflux des demandeurs d’asile doit absolument figurer à l’agenda de la conférence de Rome. Parce que ce sujet est au cœur des tensions et parce qu’il y va de la fidélité de l’Union européenne à ses valeurs fondatrices. C’est une rude tâche, néanmoins incontournable qui incombe aux responsables politiques de regarder ces tendances comme constituent un caractère durable de l’avenir de l’Europe et de ses nations. Il leur revient de soumettre aux citoyens des réponses globales et durables basées sur les droits humains fondamentaux et de faire naître chez eux la confiance dans les voies d’une réponse de long terme.  Nos Eglises jouent à cet égard un rôle essential, en encourageant nos compatriotes à prendre appui sur leur identité chrétienne pour entrer dans la voie de la rencontre et du soutien, ouvrant ainsi des voies d’avenir.

Nous sommes parmi les toutes premières générations qui auront pleinement bénéficié des fruits des initiatives des pères de l’Europe. Cependant nous n’usons pas de cet héritage d’une manière cohérente. Comme ceux qui nous ont précédés, nous sommes responsables de la survie d’une Europe commune à tous. Certes beaucoup de jeunes européens pensent « en Européens ». Ils n’ont connu que des frontières ouvertes. Pourtant beaucoup d’entre eux ne se satisfont pas d’une vision devenue étroitement économique. Ils attendent de l’Union des perspectives plus larges. De même font-ils grand cas de la diversité des cultures, des religions et des convictions que recèlent les appartenances nationales. Une nouvelle approche, plus différenciée de l’intégration européenne est indispensable considérant la diversité européenne comme une richesse à cultiver. 

En dépit d’une certaine convergence économique, et contrairement à ce qui avait été espéré une dizaine d’années auparavant, les divergences sociales s’accroissent entre pays d’Europe de l’est et de l’ouest. Pire encore, la perception de ce qu’impliquent les valeurs démocratiques tend à différer au point qu’un dialogue sur l’essentiel de leurs exigences semble parfois impossible entre pays d’une même Union. C’est pourquoi il importe de ne pas réduire l’espace politique européen à un ensemble de règles et d’institutions , Il faut le faire vivre aussi comme un processus de coopération qui réunit des peuples avec leurs régions , leurs villes et leurs divers héritages culturels. Les Eglises catholiques en Europe ont un rôle à jouer pour améliorer et approfondir la reconnaissance mutuelle des cultures.

 

L’Initiative des chrétiens pour l’Europe (IXE) est une association composée d’organisations de laïcs chrétiens, essentiellement catholiques appartenant aux divers Etats membres de l’UE.  Le souci commun des membres d’IXE est de faire entendre une conscience plus aigüe de ce que signifie l’unité des Européens dans les débats nationaux. L’association a aussi pour objet de susciter des rencontres transnationales de Chrétiens et de promouvoir la doctrine sociale chrétienne.

 

 

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