Contributions 2017 : Quelle Europe voulez-vous ?

 

Cette année, nous avons donné la possibilité à chacun, en amont de la session, de s’exprimer sur l’Europe via une enquête à questions fermées et un formulaire de contributions (questions ouvertes). Voici la synthèse des contributions que nous avons pu récolter. 

Pour vous, quelle est la critique majeure que vous faites à l’Union Européenne ?

Insuffisance démocratique et bureaucratie sont des critiques récurrentes dans les 116 réponses.

« L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes : soit le recours à une dictature interne, soit la délégation de pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique (…) » (P Mendès-France) Un discours prophétique : le ver était dans le fruit.

« Trop technocrate et ne propose pas assez aux citoyens de vivre un projet commun (pourtant le meilleur projet du siècle dernier). »

« Bâtie en grande partie à partir de l’enseignement social né progressivement de l’évolution de nos sociétés, l’Europe n’a jamais (pas encore?) réussi à mettre au point l’organisation proprement politique du principe de subsidiarité. Pour cela, il m’apparaît nécessaire de bien vouloir différencier les deux notions de « démocratie » et de « suffrage universel direct ». »

« La construction européenne est tout simplement d’étouffer la démocratie. Il est impossible d’appliquer une politique commune satisfaisant les intérêts nationaux de 27 pays différents. »

 

Ai-je besoin, envie de l’Europe ? Oui – Non – Pourquoi

« Nous en avons discuté en équipe CMR-Aînés. A l’unanimité, nous avons envie d’Europe. L’Europe a déjà permis environ 70 ans de paix pour ses membres. 
Les agriculteurs présents ont beaucoup bénéficié de la PAC jusqu’à la fin du 20ème siècle. Il est vrai que, depuis, le démantèlement progressif de la PAC a éloigné une partie d’entre eux de l’idée européenne. 
Nous sommes tous nés après la 2ème guerre mondiale et pour beaucoup cela est naturel d’être européen ; surtout, comme moi, quand on a vécu enfant dans l’Est de la France où vivaient beaucoup d’italiens ou qu’on a des ascendances belges. On peut même se reconnaître plus européen que français»

 

Si tout était possible, de quelle Europe je rêve ?

Une Europe de paix, de cohésion, de justice sociale, de confiance dans l’avenir et dans la jeunesse, de solidarité tenant compte du principe de subsidiarité, respectueuse des engagements pris.
Une Europe unie qui trouve sa place et sa liberté d’action face aux grands blocs mondiaux en mettant en œuvre une régulation économique et monétaire face au libéralisme, une économie au service de l’Homme, une politique de défense commune, la transition écologique de l’énergie.
Une Europe ouverte au monde, source d’inspiration pour les peuples en guerre, fer de lance en vue d’une planète plus fraternelle,

*Cela suppose courage politique, renversement du discours caricatural des grands media sur l’Europe, remotivation des opinions publiques, meilleure connaissance mutuelle de la culture des divers peuples européens en développant en particulier les échanges culturels et économiques, en imaginant de nouveaux modes de partage d’un bien commun, notamment en faveur des jeunes générations, en vue de la construction d’une culture commune.

« J’aimerais que chaque Européen passe une année complète dans un autre Etat de l´Union; si possible pendant ses études. Cela ouvre les yeux, l´intelligence, la curiosité. C´est un exercice pédagogique qui vaut bien 4 années de scolarité ! »

« Je rêve que l’Europe soit aimée, respectée, expliquée jusqu’à être ‘savourée’. »

« Une Europe capable de « parler d’une seule et même voix, mais dans toutes ses langues, de toutes ses âmes ». »

« Une Europe régulatrice, comme l’était au début la PAC. Donc régulation des marchés. Protectrice, contre les concurrences déloyales de façon à maintenir notre agriculture et nos industries. »

« Respect des cultures propres, de leurs richesses : liberté, égalité, fraternité, rigueur morale et intellectuelle, culture des arts et lettres, partage et convivialité, goût de l’aventure et du voyage, échanges de la jeunesse, arts de vivre et lenteur du temps, respect des religions sans prosélytisme ni affichage, respect de la parole donnée et des engagements. »

« A l’instar de l’euro, des jumelages entre les villes ou de la chaîne Arte, il faudrait inventer d’autres modes de partage d’un bien commun. Apprend-on dans les écoles les rudiments de chaque langue européenne ? »

 

Selon moi, la France a-t-elle besoin de l’Europe ? Oui – Non – Pourquoi  

Réponse « oui » dans 21 contributions sur 24 et ce, pour 3 principales raisons.

Avec la phrase « Oui, sur les plans économique, culturel et de la lutte contre le terrorisme », la contribution « les valeurs européennes » exprime partiellement ces 3 raisons majeures.

1 – Seule, la France n’a pas la taille dans la compétition économique mondiale, l’Europe l’a.

La première raison est d’ordre économique. La France seule (environ 1% de la population mondiale) n’a plus la taille pour peser face à la Chine et à l’Inde, face aux Etats Unis d’Amérique et au Brésil, face à la Russie… La contribution « l’Europe Lumière » formule cette réponse : Oui, énormément. La France ne peut pas tenir la compétition mondiale seule. L’UE est l’entité qui peut travailler avec la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil et les US.

L’enjeu n’est pas qu’économique. Il en va aussi de la protection par rapport aux dérives de l’économie qui rendent le monde actuel « dangereux » (contribution d’une équipe CMR).

2 – Au-delà de « l’état de paix » depuis 70 ans, l’Europe donne l’occasion à la France de sortir de son égocentrisme, de s’ouvrir, de cultiver la Paix.

La contribution « Revenons à la paix » insiste sur la paix apportée par L’Europe : « plus jamais ça ».

Plusieurs contributions mettent en avant l’enrichissement des sociétés qui savent mettre à profit leur diversité et échanger sur leurs pratiques et leurs valeurs. La contribution « Une Europe courageuse » l’exprime ainsi : Tout comme une famille même soudée a besoin d’échanges dans tous les domaines pour vivre, la France a besoin de l’Europe pour « bien vivre ».

3 – L’Europe donne à la France la possibilité de s’exprimer économiquement et socialement et, ainsi, d’impulser un mode de vie humaniste dans le monde.

La force économique qui peut se constituer en Europe n’est pas qu’un instrument de confort pour ses habitants. C’est aussi un moyen de se prémunir contre les totalitarismes politiques avec les violences qui s’y développent et les migrations qui en découlent. C’est également un moyen de repousser les monopoles économiques qui asservissent ou déstabilisent les personnes. La contribution « Europe des régions » exprime ainsi ce besoin de protection : Oui, pour plus de démocratie et pour, enfin, respecter les peuples qui la composent.

Au-delà de la protection des personnes, Il en va du rayonnement de la France. Il est un rêve français historique : peser humainement sur le monde. Seule l’Europe peut prendre le relais de son ambition humaniste. La contribution « en attente d’Europe » exprime ainsi cette ambition : La France ne pourra faire valoir ses atouts que dans un espace de coopération et de solidarité élargi, espace basé sur ses valeurs de liberté et de fraternité : l’Europe !

 

Le questionnaire sur l’Europe et la France apporte les réponses de 131 personnes sur le besoin de la France et de Français vis à vis de l’Europe.

90 % des répondants déclarent que c’est une bonne chose pour la France de faire partie de l’UE.

– Ils sont moins de 5 % à penser que la France ferait mieux si elle était hors de l’UE.

2 répondants sur 3 souhaitent que « plus de décisions devraient être prises au niveau de l’UE ».

– Enfin, ils sont 6 sur 10 à considérer que la France ne joue pas le rôle qu’elle devrait jouer dans la construction européenne.

Pour ces répondants, les problèmes majeurs de la France sont à plus de 50% les problèmes économiques (chômage, dette ….) puis l’environnement, l’éducation, le terrorisme, pour chacun 10 %, et enfin l’insécurité, l’immigration et le logement autour de 5% chacun.

Au final, la grande majorité des contributeurs et répondants estime que la France a besoin de l’Europe pour développer une force économique au service du développement humain.

 « J’ai l’intime conviction que les Etats sont trop à l’étroit pour affronter les défis de l’humanité présente et future. » 

« L’Europe est indispensable face à la mondialisation. Elle permet d’améliorer le rapport de forces économiques entre grandes zones. » 

 

Si tout était possible, quelle Europe serait bonne pour la France ?

« L´Europe telle qu´elle existe me parait aller sur la bonne voie, mais il faut plus de sentiment d´appartenance, plus de solidarité, plus d’ouverture entre Etats-membres. » 

« Avec le Brexit, la Catalogne, les territoires délaissés, les pays d’Europe centrale, les réfugies dont le flux sera sans cesse croissant légitimement, on ne peut pas marcher au canon tous à la même vitesse vers l’intégration. Il faut déconcentrer et décentraliser. » 

« L’Etat-Nation qui structure l’organisation de nos Pays est une donnée historique qui ne doit pas être remise en cause, sous peine de perte d’identité et de guerre. » 

« Faut-il une Europe idéale ? L’option d’une Europe à deux vitesses n’est pas le bon choix, cela voudrait dire que quelques pays construiraient une Europe « modèle » à laquelle d’autres pays volontaires viendraient adhérer plus tard, quelle prétention ! Il faut au contraire construire quelque chose de plus modeste mais fait en commun. Alors cela deviendra quelque chose d’important car cela sera valorisé comme fait en commun. Essayons de valoriser l’Europe plutôt que seulement la France. » 

« Construire l’Europe, c’est apprendre l’art du débat. » 

 

Selon moi, l’Europe est-elle nécessaire au reste du monde ? Oui – Non – Pourquoi

« Cette construction européenne est une aventure fragile, … et tellement admirée, enviée, jalousée, … dans le reste du globe ! » 

« L’Europe a une responsabilité particulière envers l’Afrique. » 

 

Si tout était possible, quelle Europe serait bonne pour le monde ?

Les contributions qui se sont prononcées sur ce point (toutes ne l’ont pas fait) marquent, en général, un niveau élevé d’ambition pour l’Europe, non seulement pour aider à la résolution des grands problèmes du moment : la transition écologique, la paix dans le monde, mais aussi pour servir d’exemple de pratiques et de comportements vertueux. Il est ainsi souligné que l’Union européenne peut être une école d’élaboration de compromis, un lieu d’apprentissage du débat, de la régulation de la violence, de vitalité démocratique, mais aussi un modèle de solidarité, y compris avec les générations futures, d’entraide entre voisins, d’ouverture, d’inclusion de tous.

On a l’impression qu’est attendu de l’Europe un niveau de vertu que l’on est peut-être en difficulté d’atteindre seul, dans son propre pays et par ses seules forces. L’Europe est vue, dès lors, comme une opportunité de se rappeler les grands enjeux, d’élargir son champ de vision au-delà des préoccupations plus quotidiennes et immédiates, de constituer un contrepoids à la tendance au repli sur soi. »

« Dans notre monde dangereux, l’Europe peut jouer un rôle régulateur et stabilisateur, mieux que si les pays agissaient en ordre dispersé. » 

« Une Europe qui soit une école de compromis réfléchis et respectés; une Europe où la pratique du Droit permette de réguler ou juguler la violence, une expérience d’utopie qui se concrétise. » 

«  Le continent européen doit s’organiser pour développer des progrès humains et sociaux. Seule son unité peut entrainer les autres continents à suivre ce chemin. » 

 

Retrouvez toutes les contributions que nous avons reçu en amont de la session « Quelle Europe voulons-nous ? » des 18 et 19 novembre 2017. 

 Biens communs et refondation de l’Europe

Les valeurs européennes

L’Europe vue par un groupe de Parisiens

Espérance

L’Europe notre avenir

Une Europe de l’utopie réaliste et nécessaire, mais peu probable

Pour une Europe progressive, démocratique et responsable

Rêvons d’Europe puis de monde…

Réflexions d’une équipe CMR (Chrétiens dans le Monde Rural)

Une Europe vitale

L’Europe des régions

Construire un monde pacifique

Rêveries europhiles

La vérité sur la construction européenne

L’Europe de la paix grâce à la transition énergétique

Une Europe humaine ancrée dans de riches identités culturelles régionales

Définir l’Europe et oser la subsidiarité pour une communion entre nations

En attente d’Europe

Oui à une Europe de la solidarité

Europe 2030

Une Europe courageuse

Revenons aux fondamentaux

« Désir d’Europe »

L’Europe une expérience de Paix, une volonté de courage et d’Espérance.

L’Europe lumière

 

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