Revenons aux fondamentaux

1.1 L’Europe dans mon quotidien

Ai-je besoin, envie de l’Europe ? Oui – Non – Pourquoi

La mise sur pied de l’Union Européenne a été conçue en visant un objectif et un seul: plus jamais çà. Cet objectif conserve et conservera toute son importance. J’ai besoin de l’Europe avant tout pour assurer ce résultat.

Si tout était possible, de quelle Europe je rêve ?

L’Europe dont je rêve se préoccupe avant tout d’assurer ce résultat. Or ce n’est pas le cas.
Certes, on s’y réfère parfois en citant le célèbre texte de Montesquieu concernant le fait que le développement du commerce diminue les risques de guerre. Gageons que ce phénomène est du au moins partiellement au fait que les stratégies coopératives (i.e. commerciales) sont souvent plus durablement profitables que les stratégies prédatrices (i.e. guerrières). Soit ! Mais il faut alors ajouter que si le commerce a cette vertu c’est également sinon principalement parce qu’il est l’occasion de contacts. Pour commercer il faut se parler; pour vendre il est nécessaire de connaitre l’autre et ses besoins; donc les personnes qui exercent cette activité ont une relativement bonne connaissance de leurs interlocuteurs.
Or il est bien connu que les haines collectives prospèrent préférentiellement sur des ignorances réciproques. On a naturellement peur de ce qu’on ne connait pas. Et la pente est glissante de la peur à la crainte, à l’incompréhension; et puis on croit discerner de mauvaises intentions,… et en route pour l’escalade !!!
D’ailleurs c’était bien cette logique qui fondait les débuts de l’Union, et en particulier l’idée de marché commun. Malheureusement, peu nombreux sont les autres exemples de politiques européennes conçues pour répondre à ce souci de mieux se connaitre, qui devrait pourtant être omniprésent.
Il s’agit donc de progresser sur ce registre de façon que l’autre européen cesse d’être l’étranger aux coutumes et opinions bizarres et donc inquiétantes, mais devienne un frère, un cousin ou un ami, avec qui la connivence soit comparable à celle qu’un breton manifestera spontanément à l’égard d’un ch’ti.
Quelques dispositions existent: jumelages, Erasmus, traité de l’Elysée,.. Mais on est loin du compte. Il s’agit d’un problème culturel.
Il n’est pas difficile de trouver des voies de progrès :
-impliquer l’école (histoire et géographie)
-le monde des sports (créer des équipes d’Europe)
-créer un service civil ou militaire dans un autre pays
-etc

1.2 L’Europe en France

Selon moi, la France a-t-elle besoin de l’Europe ? Oui – Non – Pourquoi

La France a besoin de l’Europe, principalement pour la même raison que moi.
Mais la France n’a pas besoin que l’Europe s’occupe de tout. Or les « technocrates bruxellois » mettent leur nez dans beaucoup trop de domaines et ne respectent pas le principe de subsidiarité. Certes, cette situation résulte en partie d’un manque de rigueur dans la rédaction des traités; en effet, ceux-ci prévoient l’attribution à l’Union d’une compétence partagée dans beaucoup trop de domaines. Les rédacteurs de ces textes n’ont pas pris en compte convenablement les inconvénients d’un tel parti qui donne au citoyen moyen l’impression que le principe de subsidiarité est systématiquement ignoré, et surtout que, finalement, plus personne n’est responsable de rien.

Si tout était possible, quelle Europe serait bonne pour la France ?

Outre ce qui précède, deux points.

1
Mieux respecter le principe de subsidiarité doit apparaître entre autres dans la mise en œuvre de la politique du marché unique. Or vouloir supprimer les chausse-trappes réglementaires que les Etats membres s’ingénient à multiplier pour protéger les entreprises nationales a conduit à mettre sur pied une énorme machine productrice de normes. Mais celle-ci a fortement contribué à détériorer l’image des bruxellois pour trois raisons :
-faire fonctionner ce bousin leur fait perdre leur temps à s’occuper de queues de cerises
-cela a provoqué des querelles où il était question d’exclure du marché des produits porteurs d’une dimension culturelle sigbificative (fromages au lait cru, chocolat,..)
-tout cela a nourri de façon un peu trop visible d’innombrables lobbys
NB A propos des lobbys, Il serait d’ailleurs souhaitable que la Commission soit un peu moins perméable à leurs sollicitations.

2
On ne peut malheureusement pas dire que la mise en place de la monnaie unique a été une réussite complète. Il est inutile de répéter les nombreux discours sur ce sujet.
Je me contenterai de constater que l’expérience a montré que le pacte de stabilité n’était pas crédible; c’est pourquoi il n’est pas respecté. Entre autres, le régime des « punitions » prévues pour les « contrevenants semble à tous égards inadapté; il ne prend pas en compte le fait que la compétence budgétaire est un des attributs fondamentaux de la souveraineté politique. Par ailleurs le système financier actuel fait que les emprunteurs souverains sont confrontés aux mêmes problèmes que n’importe quel emprunteur privé; et donc la nature économique de la dette publique n’est pas convenablement prise en compte.
Il est toutefois probable que le blocage psychologique allemand sur ce sujet n’est pas de nature à assouplir le débat. Néanmoins je propose l’idée (tout à fait hétérodoxe) suivante:
1 Je définis une clé de distribution entre Etats; par exemple 3% du PIB
2 Je totalise les besoins de financement souverain des Etats membres
3 La BCE ouvre ce montant et le distribue en fonction de la clé
4 Apparaissent ainsi des Etats surfinancés et des Etats sous financés
5 Il est alors suggéré aux Etats sous financés de couvrir le reste de leurs besoins en s’adressant à leurs collègues; le « prix » qui leur sera facturé aura un effet plus constructif que les punitions actuelles.

1.3 L’Europe dans le monde

Selon moi, l’Europe est-elle nécessaire au reste du monde ? Oui – Non – Pourquoi

Oui, avant tout pour témoigner qu’une telle aventure est possible.
Mais aussi afin d’avoir davantage de poids dans tous les débats ayant pour objet l’amélioration de la gouvernance mondiale.
Parmi ceux-ci, celui portant sur la problématique des déréglements climatiques mérite une mention particulière.
Mais cette thématique ne doit pas être confondue avec celle de la protection de l’environnement dont l’inscription par les traité de Lisbonne dans les compétences partagées relève d’une erreur d’appréciation. En effet, bon nombre des enjeux de cette nature sont locaux. On constate donc là un sérieux déni de subsidiarité.

Si tout était possible, quelle Europe serait bonne pour le monde ?

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